Once and four all

Quelques semaines avant la IVe (et peut-être dispensable) confrontation entre Manny Pacquiao et Juan-Manuel Marquez, revenons sur la tétralogie Israel Vazquez – Rafael Marquez, le frère cadet de Juan-Manuel. On est certes loin des 20 affrontements entre les pensionnaires du Hall of Fame Ted « Kid » Lewis et Jack Britton dans les années 1910, mais une confrontation en 4 épisodes d’une telle intensité reste une rareté entre deux boxeurs de premier plan, et mérite que l’on s’y attarde.

Nous sommes en 2007 et un championnat du monde des super-coqs, la catégorie d’un Mayar Monshipour battu l’année précédente par Somsak Sitchatchawal, est programmé en mars.

Il oppose le tenant Israel Vazquez, un mexicain dur au mal et tombeur de la référence Oscar Larios peu de temps auparavant, à son compatriote Rafael Marquez, qui monte des coqs pour le défier. Vazquez est un pur bagarreur, un type qui avance bille en tête et martèle l’adversaire de crochets et d’uppercuts très brutaux. Il a les arcades fragiles des boxeurs de son style, mais c’est une référence, un des meilleurs de son époque toutes catégories confondues. Face à lui, Marquez est un boxeur très efficace (33 KOs sur 37 victoires dans une petite catégorie) et qui mise plus sur la précision de ses coups.

Comme l’on pouvait s’y attendre, le combat est violent. Vazquez avance, Marquez contre, il est envoyé au tapis dans le 3e round mais tient bon, puis pousse Vazquez à l’abandon au 7e après lui avoir cassé le nez.

Ce genre de joyeux pugilat, que l’on ne trouve guère ailleurs que chez les boxeurs mexicains des petites catégories, suscite un engouement phénoménal, et la revanche très attendue a lieu 5 mois plus tard. Rebelote : c’est un carnage, au cours duquel Vazquez finit la tête en sang, mais score un knock down décisif au 6e et pousse l’arbitre à arrêter le massacre. Marquez-Vazquez II sera élu combat de l’année par The Ring en 2007, succédant à Monshipour-Sitchatchawal.

La suite, on la devine : une belle chargée d’électricité début 2008, serrée comme un poing, et dont le 12e round fera basculer l’issue, 2 juges à 1. Je n’en déflorerai pas l’issue, tant il mérite d’être vécu dans les conditions du direct.

Inutile de dire que cette oeuvre d’art finit aussi combat de l’année. Les deux boxeurs n’ont recombattu que plus d’un an plus tard, gagnant chacun contre un second couteau. Vazquez a failli laisser une rétine dans ce 3e match, et on l’a cru perdu pour son sport.

Le 4e combat intitulé « Once and four all » fut plus anecdotique, et vit Rafa Marquez s’imposer par KO au 3e round, face à un Vazquez dont on peut affirmer qu’il avait atteint la date de péremption. Son principal mérite consista à équilibrer le bilan d’une série mythique entre deux protagonistes également méritants.

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