El Flaco Explosivo

Après le brelan d’as Gomez/Sanchez/Nelson, petit retour sur la carrière d’un autre immense champion des années 70-80 des catégories inférieures, le pensionnaire nicaraguayen du Hall of Fame Alexis « El flaco explosivo » Arguello.

Imaginez un droitier moustachu et filiforme d’1m78 pour 125 livres (56,7 kg) en début de carrière, cognant comme un sourd des deux poings, d’une précision et d’une aisance diaboliques aussi bien à distance qu’à l’intérieur. Offensivement parlant, un boxeur quasi parfait.

Il commence sa carrière en poids plume, donc, en 1968. Après une palanquée de combats jusqu’en 74 contre d’obscurs locaux (dont 3 défaites, l’une d’entre elles par KO à sa première sortie), Arguello perd aux points sa première chance mondiale contre Ernesto Marcel, une ancienne victime de Roberto Duran.

S’ensuit une deuxième chance mondiale qu’il ne laisse pas passer contre l’expérimenté puncheur et futur Hall of Famer Ruben Olivares, à l’issue d’un combat assez brutal où un parfait crochet du gauche lui permit de solder 13 rounds de domination du mexicain, pour le titre des plumes. Puis 8 ans de succès à peine interrompus par une défaite aux points sans titre en jeu, et qui voient Arguello remporter des titres en super plumes et légers. La liste des victimes est longue, l’homme ayant affronté 14 champions du monde durant sa carrière, et pas des moindres : Alfredo Escalera, Rafael Limon, Bobby Chacon et Ray Mancini ont entre autres succombé à la puissance et à la précision des coups d’Alexis Arguello, dont la seule vraie limite était un jeu de jambes d’une certaine lenteur.

Là où son destin pugilistique est cruel, c’est que ses combats restés les plus célèbres furent des défaites pour le titre WBA des super-légers, subies des mains de l’américain invaincu Aaron Pryor. La première survenue en 1982 est mythique et controversée : un combat très médiatisé, ultra violent, durant lequel Arguello est mené 2 juges à 1, mais s’accroche contre un Pryor également à bout de forces au 13e. La polémique nait du break précédent le 14e, où l’on voit et entend distinctement sur le film l’entraîneur de Pryor lui proposer et lui faire boire la bouteille « qu’il a préparée ». Au round suivant, Pryor, étonnamment remonté comme un coucou, battra Arguello par KO technique. Faute de contrôle anti-dopage proprement effectué, une revanche aura lieu l’année suivante, que Pryor remportera par KO au 10e round.

C’est la première retraite d’Arguello, qui reboxa 2 ou 3 fois dans la décennie suivante. Son bilan éloquent est de 82 victoires dont 65 KOs en 90 combats. Il est ensuite devenu homme politique au Nicaragua et maire de la capitale Managua, avant de mettre fin à ses jours en 2009 dans des circonstances jamais complètement éclaircies.

Pugilistiquement parlant, un seul regret peut subsister (en dehors d’un 4e titre peut-être loupé via potion magique) : ne pas l’avoir vu boxer contre son contemporain Roberto Duran, plus vite monté en poids.

Un mot sur Pryor : un destin glorieux s’annonçait pour lui après ses victoires sur Arguello, il fut un certain temps question d’un énorme combat contre Leonard (les débats continuent pour savoir si ce dernier fit vraiment tout pour l’éviter), mais de gros problèmes oculaires (et de cocaïne) l’empêchèrent d’aller beaucoup plus loin. Il boucla sa carrière avec une unique défaite en 40 combats.

Voilà un highlight d’Arguello.

Et les 3 derniers rounds de Pryor-Arguello I.

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